Laurence Kirsch Réalisatrice

Laurence Kirsch
Sylvaine

Sylvaine a 18 ans, l’âge des possibles, des choix et des remises en question.
Elle vit au cœur d’une forêt de châtaigniers, dans une maison en paille, puis dans une caravane.
Le confort y est spartiate et la consommation très raisonnée.
Elle nourrit comme son père un idéal écologique, qu’elle pratique au quotidien.

Sylvaine est scolarisée et fréquente le lycée le plus proche. Et c’est dans l’alternance de ces deux univers bien distincts que Sylvaine grandit, se construit, réinterroge les choix de ses parents, affirme sa personnalité, devient femme.

C’est lors d’un repérage dans un éco-hameau des Cévennes que je rencontre Sylvaine pour la première fois. Elle a alors 15 ans.

J’avais interrogé tous les habitants de l’éco-hameau, 3 au total, quand j’ai croisé la bonne « bouille » de Sylvaine. Avenante, les bras chargés d’amélanches, elle m’invite à la suivre jusqu’à l’ombre du grand châtaignier.

Sylvaine vit depuis quelques mois chez son père, Olivier, un habitant de l’éco-hameau.
Au gré des heures et des amélanches avalées goulûment, Sylvaine me raconte sa vie avec des détails savoureux et quelques impasses.

Une vie originale, qu’elle décrit avec engouement et réserve.
Son enfance oscille entre des phases de vie marginale, vie au sein de sa tribu, la communauté de son enfance et des phases de vie plus « classique » rangée dans la société. Sylvaine est chargée depuis toujours de cette ambivalence.
-« Riche Ambivalence » qui lui donne dans son rapport au monde, une forme d’originalité, un point de vue déterminé, argumenté, sur l’éducation, la santé, l’écologie…
-« Fragile Ambivalence » qui provoque en elle souvent le doute et tout son lot de culpabilité de ne pas être là où elle devrait, de ne pas être dans celle qu’elle dit être sa « voie », celle inculquée par les parents, par sa tribu.
L’ambivalence, comme une dualité qui se manifeste souvent par un changement d’humeur.

Son histoire me captive. Sa personnalité me touche.
Sa violence contenue est à la mesure de son authenticité.
Sa maturité mêlée de fragilité me questionne.
Entre douceur et violence, isolée dans des choix qu’elle dit et pense siens, Sylvaine se construit, grandit, franchie des étapes de vie douloureuses, intenses.

Nous nous voyons régulièrement, et bientôt je lui propose de l’accompagner et de mettre en images sa vie atypique et tumultueuse ; de la filmer pendant cette période de mutation, de choix, d’ouverture, de vertige…

Sylvaine à la fois réjouie et étonnée « de représenter un intérêt pour quelqu’un » – dit-elle, accepte ma proposition. Un rapport de confiance nous engage réciproquement, une affection réciproque confirme cet engagement (…).

Lorsque le film s’achève, Sylvaine à 21 ans.

One Response to Sylvaine

  1. rulliat dit :

    Bonjour,
    Nous organisons du 13 au 19 mars 2013 un festival cinématographique qui traite du monde rural dont un des thèmes serait adolescence en milieu rural.
    Nous aimerions passer Sylvaine mais est ce possible ?
    A combien se monterait les droits ?

    Nous vous remercions pour votre aide
    Cordialement
    Claire RULLIAT
    Cinéma Paradiso
    69850 St Martin en Haut

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